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Des larmes aux rires, de la conquête au défi.

13 mai 2013 - 14:57

C’est un match à suspense, un match nul, 2-2, qui a tout d’une victoire. Deux équipes, l’ASF 93 et Magny, qui ont tout donné, avec chacune des motivations différentes. Mais une même rage. C’est un beau match, avec un leader qui mène 2-0 et qui se laisse bousculer par un dauphin qui a tout d’un requin. Et qui "claque" deux buts, faisant monter la tension. Elle est palpable, même si nul ne doute que le Graal, la CFA 2, est plus qu’à portée de pied. Au coup de sifflet final, c’est la folie ! Les hurlements, les larmes… sur le terrain.

Dans les tribunes, ça bouge aussi, même s’ils n’ont pas trop l’habitude de ça au stade de la Blies. Il va falloir s’y mettre ! Le public, c’est le 12e homme dans un match et si les joueurs doivent mouiller le maillot, le public doit donner de la voix. Pour ça, l’ASF a pu compter sur le staff et les autres joueurs du club, avec leurs tambours. Et sur les fidèles, comme Atif Karayer. « C’est vrai qu’il n’y a pas trop d’ambiance d’habitude, mais ce soir, c’était exceptionnel. Il faut que ça soit tout le temps comme ça. » Un seul regret : « J’aurais bien voulu que Forbach se maintienne pour les derbys. » Parmi les supporters d’un jour, les "voisins", joueurs ou coaches de Neunkirch (qui jouait également hier un match décisif), du FC Istanbul…

Les joueurs ont rejoint les tribunes pour communier avec leur public, chantant leur victoire, rendant hommage aux buteurs, avant de se diriger vers les vestiaires. Et là, forcément, on lâche la pression. On fait sauter les bouchons et tout le monde passe à la douche. Le comité, le staff, bien sûr, mais aussi la mairie : Jean-Michel Albertus, responsable du service des sports, Marc Zingraff, adjoint, même le député-maire. Et d’autres personnes…

Après une telle saison pour un tel résultat, pas de raison de ne pas se lâcher. La fête commençait.

20 ans qu’on l’attendait, maintenant c’est fait ! L’ASF 93 est championne de Lorraine et rejoint le championnat de France amateur. Après son match nul contre le dauphin Magny, l’équipe phare de Sarreguemines s’est assurée du titre et accède à la CFA 2.

Après le match, il y eut les larmes, puis la liesse, avant de penser aux défis qui attendent l’ASF… Ou le SFC, Sarreguemines football-club…

« Un beau champion ! »

A l’issue du match, Christophe Marie, le président, ne retient pas son émotion. Il ne trouve pas les mots. Dans les vestiaires, il lâche : « Le plus dur commence, on va changer de monde, voir des choses qu’on ne connaît pas. Il va falloir apprendre vite. » Le président a eu une pensée pour son homologue de Magny, Jérôme Savary. Le coach, Sébastien Meyer, n’est pas moins ému. « On s’est rendu le match facile, puis on s’est fait peur, pour un point je signais tout de suite. » Mission accomplie. « On a eu la tête dans le guidon depuis juillet. Maintenant, il faut digérer la montée. On a un groupe extraordinaire et on n’est pas un petit champion, on est un beau champion ! » Sébastien a évoqué son prédécesseur, Antoine Mangione, qui lui avait prédit, et évidemment, il a eu une pensée pour son père, Franz, ainsi que pour Yvon Thiry, à qui il a dédié ce titre.

La douche n’a pas refroidi les élus. Marc Zingraff annonce en souriant : « Il vaut mieux une douche plutôt que la montée ne tombe à l’eau. » Et la municipalité va jouer « collectif », car une saison en CFA 2 est chère… Céleste Lett avait déjà assuré le club de son soutien, il l’a confirmé samedi soir. « Je rencontrerai les dirigeants après le 16. Sarreguemines retrouve une place conforme à une ville de cette taille. » Et il faut accompagner le club. C’est dit !

La glorieuse ASS

En 1983, le club de football de Sarreguemines (l’ASS, Association sportive de Sarreguemines) a rejoint pour la première fois le championnat national de football amateur (la D4 de l’époque). Les performances s’enchaîneront : 16e de finale de la Coupe de France contre Nancy en 1984, victoire en Coupe de Lorraine en 1986, montée en Nationale 3 en 1986 et élimination en 32e de finale de Coupe de France en 1987.

Après une saison en Nationale 4 (87/88), Sarreguemines revient en Nationale 3 pour deux saisons (1988 à 1991), puis en effectue deux autres en N4, mais subit une hémorragie de joueurs et une valse des entraîneurs. Le doute, le manque de confiance, des polémiques sur la gestion du club et le retrait du soutien de la ville conduisent l’ASS au dépôt de bilan en 1993. Un nouveau club repart sous le nom de l’ASF 93. Avec cette montée, c’est la première fois depuis sa création qu’il évoluera en championnat de France amateur.

Les présidents marquants : Roland Delesse de 1972 à 1982, puis René Blajman jusqu’en 1993.

Les entraîneurs marquants : Fernand Rachel de 1965 à 1968, puis de 1973 à 1981 et Emile Poklitar de 1981 à 1988.

La moyenne de spectateurs : en nationale 4 et 3, elle était de 800 par match.

Les joueurs marquants : Jacky Gross, Alain Mandits, Eric Lévy-Chapira, Yves Minci, Carmelo Micchiche, Didier Philippe, Jean-Luc Beckrich, Dominique Trautmann et tant d’autres…

Commentaires

PAROLES DE COACH

La 100ème de mon équipe en CFA2 restera comme une belle journée.

Pour le plus long déplacement de la saison à Prix-lès-Mezieres, équipe qui n'avait perdu qu'à une reprise à domicile et qui venait de battre le leader Schiltigheim, on savait que la tâche serait ardue mais mes garçons, malgré les absences, ont encore une fois fait preuve d'ambitions dans le jeu.

Le terrain difficile n'aura pas empêché mes joueurs d'avoir des intentions offensives.

Même si on a manqué d'équilibre dans le jeu et même si je regrette notre relâchement fâcheux à 0-2, je suis content de la prestation et surtout de la réaction après l'égalisation pirisienne.

On a continué à se créer de nombreuses occasions. Mon groupe vit bien et cela se ressent sur le terrain.

Sébastien MEYER, coach SFC