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Retour sur la qualification pour le 8ème tour de coupe de France

18 novembre 2014 - 10:29

Grâce à différents médias, revivez en image la qualification du Sarreguemines FC

Sarreguemines s’est offert une qualification au 8e tour de la Coupe de France après une étouffante séance de tirs au but en Guadeloupe, dans une ambiance de folie (1-1, 3-4 aux TAB).

Dans leur parcours de footballeurs amateurs, cette nuit restera gravée à jamais. Unique, fusionnelle, étouffante et finalement euphorique. La cuvée 2014 de la Coupe de France a offert au FC Sarreguemines une ivresse qu’aucun rhum ne saurait égaler. Un océan de bonheur. A 7000 kilomètres de leur foyer, les joueurs de Sébastien Meyer ont écœuré une île entière. Ils ont battu samedi soir le CS Moulien, l’institution guadeloupéenne du football, invaincue depuis vingt-six rencontres. Mais ça, c’était avant le passage d’un ouragan, de ces furieux Mosellans qui ont suivi scrupuleusement le conseil de leur entraîneur durant sa causerie : « Les gars, on va braquer la Guadeloupe », avait-il dit. Le scénario était écrit.

Le décor d’abord. Le stade des Abymes, petit volcan porté par 3500 gorges en éruption, ses percussions incessantes, son public passionnel et… ce curieux ballet de chauve-souris au-dessus des tribunes et des palmiers. Bienvenue à Gwada City. Et mention spéciale au joker Thierry Hassli. Remplaçant au coup d’envoi, il a changé cette soirée d’une inspiration magnifique. Il raconte : « Hamid Bnou Marzouk me décale, je mets un crochet, puis un deuxième crochet et je sens la balle comme collée à mon pied. Dès que je la reçois, je sais que je vais la mettre au premier poteau. Et je prends le gardien à contre-pied. » Une égalisation inespérée (84e ). Un moment-clef surtout.

« Du spleen à l’idéal »

Batman a joué dans ce film aussi. Il portait des gants. Héros du soir, Florian Trimborn a d’abord sauvé la patrie sarregueminoise en déjouant les tentatives de Gotin (49e , 57e ) et Pascal (54e ), puis le gardien a consacré le triomphe en arrêtant deux tirs aux buts dans la séance fatidique (3-4). Oubliés alors ce face-à-face raté de M’Barki (4e ), ces erreurs de la défense qui offrent le but à Pascal (33e ), cette percée inaboutie de Strehl (101e ) et ce penalty manqué de Slimani. Place alors aux larmes de joie, aux étreintes et… aux chansons de Thomas Perciballi. « On est passé du spleen à l’idéal », illustrait joliment Adel Guendez. Le Moule, reclus dans un vestiaire dévasté de chagrin, a exactement parcouru le chemin inverse…

« C’est le plus grand kif de ma carrière , soufflait Sébastien Meyer. Ça ne remplace pas une montée, mais au niveau émotionnel, c’est incomparable. Il y avait peut-être toute une île face à nous, mais on avait une région et un club derrière ce groupe. J’avais peur qu’il implose si on perdait. Ça va nous unir et je pense aussi au club, à ceux qui n’ont pas joué ou ne sont pas venus. J’avais tellement peur que la Coupe soit à double tranchant… Mais les garçons ont montré leur culot. Je suis fier. »

La conclusion du séjour est finalement celle qu’ils espéraient tous. Les Sarregueminois de Yannick Dekoun rentreront bronzés et qualifiés de cette aventure d’une vie. Pour le 8e tour, ils espèrent d’ailleurs une suite moins glamour. « On veut un adversaire tout pourri pour pouvoir jouer une Ligue 1 ensuite », expliquait clairement Philippe Klein. Comme la majorité des footballeurs, ils veulent quitter l’épreuve sous les feux du PSG. Depuis samedi soir, les Sarregueminois ne considèrent plus l’impossible de la même façon.

Trimborn : « Extrêmement grandi »

Le gardien sarregueminois revient sur la performance des siens et sa préparation avant la séance des tirs au but.

Florian Trimborn, avez-vous souvenir d’un tel moment dans votre parcours ? « Un état de bonheur comme je viens de le vivre, non. C’est vraiment un truc exceptionnel de voir ce qu’on procure aux gens. J’ai appelé ma femme en métropole après le match. Elle était avec ses parents et tout le monde a commencé à pleurer. Je ne reconnaîtrai jamais ça, à moins qu’on aille encore plus loin et qu’on fasse encore des exploits. Mais c’est génial, exceptionnel. »

• Vous êtes resté seul avant cette séance de tirs au but. A quoi pensiez-vous ? « J’ai l’habitude de les préparer de cette manière-là. Je m’isole, je fais le vide et j’essaie de penser à deux de mes modèles, mon parrain Jean-Marie Aubry, un ancien pro très bon dans les tirs aux buts, et mon grand-père, Jean-Marie Aubry senior. Il est décédé depuis cinq ans. Il était toujours avec moi sur les terrains et, pendant ces séances, à chaque fois que je m’en sortais, je le voyais fondre en larmes. J’ai pensé à eux et ça m’a galvanisé. »

• En début de deuxième mi-temps, vos arrêts maintiennent Sarreguemines dans le match… « J’essaie de faire mon travail. C’est un sport collectif et je ne vais pas me tresser des lauriers. Les autres ont aussi fait le travail nécessaire pour tenir le coup. On a tous tenu le coup. La récompense est là et dans les derniers jours ici. On va savourer et attendre le 8e tour. »

« On veut des professionnels »

• Quel tirage souhaitez-vous ? « C’est simple : un gros ou une équipe abordable pour pouvoir aller en 32e de finale. L’objectif est très clair : se faire sortir par une Ligue 1 ou une Ligue 2. Je n’ai pas envie de me faire éliminer par une CFA2, CFA ou même une équipe de National. On veut des professionnels. »

• Vous aurez donc profité de la Guadeloupe et rempli le contrat. « On a fait ce qu’on devait faire. On a travaillé comme il le fallait, y compris au niveau de l’état d’esprit. On va en ressortir extrêmement grandi. »

• Pensez-vous que votre entraîneur s’est inquiété plus que vous ? « Le coach est quelqu’un de terriblement pessimiste. Il imagine toujours les scénarios dans ce qu’ils ont de plus négatif. »

La possibilité d’une île

Sarreguemines avait émis l’idée de jouer dans les DOM-TOM sans trop y croire. Devant le fait accompli, les joueurs ont choisi de vivre l’aventure sans bouder ce plaisir. Récit.

Au cinquième jour de son périple en Guadeloupe, Sébastien Meyer n’avait toujours pas posé un orteil dans l’eau. Malgré la piscine au pied des balcons de l’hôtel Canella Beach et la plage cinquante mètres plus loin. L’entraîneur de Sarreguemines s’est interdit de succomber à l’appel de la carte postale tant que pesait sur ses épaules la charge d’une mission : qualifier ses garçons au 8e tour de la Coupe de France. Pour la première fois, il disposait de son équipe 24 heures sur 24 et le technicien de 32 ans a souhaité professionnaliser l’affaire. A un détail près : ses joueurs, manœuvre, policier, ambulancier, agent immobilier, étudiants ou encore ouvriers chez Conti, ne voulaient rien gâcher. Ni ces vacances au soleil, ni le match qui les a amenés aux Antilles. « Ça n’arrive qu’une fois dans une vie », soufflait l’un d’eux.

Voici donc où peut mener une boutade lancée au retour d’une victoire à Bar-le-Duc. L’idée de s’inscrire sur la liste des candidats au DOM-TOM n’était qu’un fantasme, une démarche pour déconner. La possibilité d’une île s’est concrétisée avec le tirage au sort et tout s’est emballé. Il a fallu choisir les élus, débloquer des fonds pour financer le déplacement des accompagnants, sachant que la Fédération française de football prenait en charge le voyage de vingt personnes. L’opération Caraïbes était à ce prix : quelques grincements dents du comité, une poignée de garçons frustrés et une folle équipée lancée à l’assaut du Moule, sans la frite au départ, grosse chaleur oblige, mais avec une envie de croquer ce plaisir et de gagner à la fin.

Poker et salsa

L’hôtel se souviendra de leur passage et réciproquement. Pêle-mêle, les Sarregueminois ont croisé les ex-rugbymen Emile N’Tamack et Christian Califano, des danseuses de salsa intriguées par ce bataillon rigolard en crampons, des retraités qui auraient aimé dormir plus au calme et des clients à l’étroit dans une piscine réquisitionnée par les gaillards. Quelques sorties ont épicé l’affaire : une virée à Sainte-Anne, une rencontre piquante entre Adel Guendez et les méduses, des parties de poker au casino voisin. Le tout sous les vannes des ambianceurs en chef : Morad Benachour, Sercan Yilmaz, Hassan M’Barki, Semir Louadj… Nounou, le délégué, a suivi les événements d’un œil complice. Logé comme un pape dans sa suite, il a prêté quotidiennement sa baignoire aux joueurs pour la récupération glacée. Une idée de Nico, le kiné, et du coach évidemment.

Sébastien Meyer a rarement quitté son rôle de "Guy Roux". Ici un entraînement à gérer sur un terrain pourri et éloigné. Là une sollicitation des médias antillais à honorer. Là encore une tournée des chambres pour parler de récupération invisible et freiner les amateurs de bière ou de chicha. Ce professeur d’EPS a obtenu son remplacement le temps d’une semaine en Moselle, mais il a fait des heures sup’avec une vingtaine d’adultes. Il n’a rien laissé au hasard ce qui n’empêche ni le stress ni le doute. Si son équipe n’avait pas perdu ses deux matches de championnat après le tirage au sort, il aurait peut-être vécu le séjour avec davantage de sérénité. Ses joueurs ont pourtant rempli le contrat. Victoire. Ils lui devaient bien ça.

 

« J’ai lu les journaux, ils nous prennent pour des blaireaux. » C’est, en substance, le message glissé par le président Christophe Marie, en préambule de la causerie d’avant-match. Ce dernier était surtout remonté contre le traitement des radios à l’endroit de son club. Arrivé en Guadeloupe le vendredi, le boss était déjà venu en repérage la semaine précédente. Fier de ses protégés, il s’est aussi fendu d’un petit geste financier pour les féliciter de leur prestation. Une rareté au club : les matches de Coupe de France échappent d’ordinaire aux primes…

LE MOULE (DH) - SARREGUEMINES (CFA2) : 1-1 (3-4 aux TAB)

Stade René-Serge Nabajoth, aux Abymes. Arbitre : M. Johan Hamel. Mi-temps : 1-0. Environ 3500 spectateurs. Temps chaud et instable. Pelouse critique. Buts pour Le Moule : Pascal (33e ) ; pour Sarreguemines : Hassli (84e ). Avertissements à Le Moule : Siar (45e +3), Gomez (72e ) ; à Sarreguemines : Meridja (45e ).

LE MOULE : Mercury (c) – Vamur, Siar, Beral, Ictoi – Lobry (Copaver, 104e), Lambourde – Gomez (Bolmin, 79e ), Francillionne, Pascal – Gotin.

SARREGUEMINES : Trimborn – Tasca (Bnou Marzouk, 60e ), Dekoun (c), Karayer, Klein – Meridja (Hassli, 60e ), Guendez – Strehl (Slimani, 106e ), Micelli, Louadj – M’Barki.

Commentaires

8-2
U15-2 / REDING AS 31 minutes
U15-2 / REDING AS : résumé du match 31 minutes
1-4
SIERSTHAL E. P.R. / SFC3 environ 1 heure
SIERSTHAL E. P.R. / SFC3 : résumé du match environ 1 heure
Résumé SFC vs LUNEVILLE (1-0) environ 3 heures
SFC 2 vs APM METZ ( 2-0 ) : nouvelles photos environ 3 heures
SFC 2 vs APM METZ ( 2-0 ) environ 3 heures
SFC 2 vs APM METZ ( 2-0 ) et SFC FEMININES vs AS RECH FEMININES ( 6-1 ) environ 3 heures
2-0
SFC2 / AM. DU PERSONNEL MUN environ 3 heures
SFC2 / AM. DU PERSONNEL MUN : résumé du match environ 3 heures
SFC FEMININES vs AS RECH FEMININES ( 6-1 ) : nouvelles photos environ 3 heures
SFC FEMININES vs AS RECH FEMININES ( 6-1 ) environ 4 heures
1-2
STRG PIERROTS VAUBAN / SFC 1 jour
STRG PIERROTS VAUBAN / SFC : résumé du match 1 jour
3-1
REDING AS / U13-1 1 jour

PAROLES DE COACH

La 100ème de mon équipe en CFA2 restera comme une belle journée.

Pour le plus long déplacement de la saison à Prix-lès-Mezieres, équipe qui n'avait perdu qu'à une reprise à domicile et qui venait de battre le leader Schiltigheim, on savait que la tâche serait ardue mais mes garçons, malgré les absences, ont encore une fois fait preuve d'ambitions dans le jeu.

Le terrain difficile n'aura pas empêché mes joueurs d'avoir des intentions offensives.

Même si on a manqué d'équilibre dans le jeu et même si je regrette notre relâchement fâcheux à 0-2, je suis content de la prestation et surtout de la réaction après l'égalisation pirisienne.

On a continué à se créer de nombreuses occasions. Mon groupe vit bien et cela se ressent sur le terrain.

Sébastien MEYER, coach SFC