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Titouan a retrouvé son foyer, une image qui fait chaud au coeur

8 janvier 2015 - 10:01

Titouan Drui a retrouvé son foyer, ses proches et les nombreuses marques de soutien du monde du football.

Depuis le 24 décembre, la grande bâtisse bleue familiale de Richeling vibre à nouveau. Des notes de rock musclé, Rammstein ou AC/DC, tambourinent. Les visites se succèdent autour d’un lit d’hôpital qui occupe la moitié du salon. La pièce est souvent peuplée et terriblement vivante. Damien Drui n’y vient pas sans caresser affectueusement le front de son fils alité et y poser un baiser de papa attendri. Depuis Noël, quelque chose a changé ici. Titou est de retour.

Le 23 février 2014, ce footballeur, qui a fêté ses 21 ans hier, a disputé son dernier match avec Holving, en district. En face, Lucy, une équipe qui n’avait pas fait dans le détail à l’aller. C’était la revanche. Score à la pause : 0-0. Titouan Drui, arrière droit, entre alors sur le pré. Trois heures plus tard, il y sera toujours, allongé dans l’herbe et le froid, cerné de regards inquiets, conscient mais incapable de bouger. Le diagnostic tombera dans la nuit : tétraplégie.

« Je sens mes doigts »

« Titou était rentré depuis cinq minutes, se souvient Anatole, coéquipier et ami d’enfance. Il a débordé sur son côté, donné une passe en retrait et on a marqué. Avec le buteur, ils se sont sauté dans les bras, ils sont tombés et, dans l’euphorie, tout le monde est venu s’entasser. Ensuite, les joueurs se sont replacés sur le terrain, pas lui. » « J’ai entendu un craquement et j’ai tout de suite compris que je ne jouerais plus , prolonge Titouan. Un vrai cauchemar. Je pensais me réveiller… »

La suite s’est tramée à Strasbourg, à l’hôpital. Dix mois interminables pour Titouan, son frère et ses parents. « Je connaissais chaque tache du plafond de ma chambre , remarque-t-il. Je ruminais. Le moral faisait les montagnes russes, il pouvait tomber très bas. Par moments, si j’avais pu tout arrêter, je l’aurais fait. Je n’ai pas pu m’alimenter pendant huit mois. Les médecins n’arrêtaient pas de me parler de protéines. » Lui pensait aux kebabs de Lorraine, « les vrais ».

Plusieurs pneumonies et quatre opérations plus tard, Titouan a retrouvé son foyer. « J’ai revu la Conti (l’usine Continental) , ma région, les personnes qui comptent pour moi et ça m’a requinqué. » Près de son lit sommeille un respirateur artificiel dont il n’a plus l’usage. Coïncidence : c’était son vœu pour 2015. Il dort peu en revanche et son dos reste figé par des plaques, mais il a déjà démenti les pronostics des premiers médecins. « On m’avait dit que c’était fini. » Faux : il peut bouger ses bras désormais. « Je sens aussi mes pieds et mes doigts. » Espoir.

Titou ne cherche pas de responsable, n’en veut à personne ni au football. « C’est la vie qui m’a fait ça ». Il se pose d’autres questions, se souvient par exemple qu’il n’aurait pas dû jouer : « J’avais une entorse à la cheville… J’étais aussi au ski quelques jours avant le match. J’avais peur de me blesser, de ne pas pouvoir jouer. A choisir, j’aurais préféré… »

« Avant j’étais croyant… »

Ce garçon attend avec impatience la rééducation pour reprendre possession de ses membres en sommeil. Le livre du chanteur Grand Corps Malade, qui a connu une expérience similaire, nourrit son rêve d’une future autonomie. Pour s’asseoir à nouveau dans sa vieille Golf, envoyer lui-même ses SMS ou apprendre la photo pour shooter les sports mécaniques. Il se bat, veut montrer à cette colonne vertébrale qui est le patron. Car il a abandonné une autorité supérieure dans cette histoire. « Avant, j’étais croyant et j ’ai souvent appelé Dieu quand j’étais à l’hôpital. Le numéro n’était plus attribué… » On oubliait : son humour et son sens de la formule ont aussi survécu à l’accident.

Dès que cela sera possible, Titouan sera invité a donné le coup d'envoi d'un match du Sarreguemines FC.

Article RL

Commentaires

PAROLES DE COACH

"Le match nul à Pagny est encore une nouvelle contre-performance. Malgré les nombreuses absences, encore une fois, je pense que nous avions l’équipe pour mieux faire.

Malheureusement, notre entame du match et notre première mi-temps nous pénalisent. Menés logiquement au score à la mi-temps, il a de nouveau fallu réagir... Le seul point positif est d’avoir réussi à égaliser à 10 contre 11.

Maintenant il faut profiter de la première véritable trêve depuis quatre ans pour se poser les bonnes questions. Ce championnat fait appel à des valeurs que je n’ai pas assez vues dans mon équipe lors de la première partie de saison ..."

Sébastien MEYER, coach SFC