2 183 107 visites 18 visiteurs

Metin Karayer, footballeur et étudiant en maths

10 mai 2013 - 13:50

Si tout va bien, et à moins d’une improbable catastrophe, l’ASF 93 évoluera en CFA2 la saison prochaine. Parmi les artisans de la montée, Metin Karayer, défenseur, est le plus jeune. Portrait.

Vingt ans après leur dernière apparition à ce niveau, l’équipe première de l’ASF est sur le point d’ajouter une ligne à son palmarès ce week-end. Un seul match nul contre son dauphin Magny lui permettrait de monter en CFA2 (championnat de France amateur, l’équivalent de la 5e division nationale). La belle histoire pourrait se conclure samedi.

Plus que les joueurs et le staff, ce sont les hommes qui ont construit méticuleusement cette montée historique. Une équipe forgée sur et en dehors des terrains.

Les copains d’abord

Metin Karayer est l’un des artisans de ce succès. Dans huit jours, il fêtera son 21e anniversaire, ce qui fait de lui le plus jeune joueur de l’équipe. Le défenseur aimerait pourtant sabrer le champagne une semaine en avance sur le calendrier. Pour autant, le joueur originaire de Sarreguemines garde la tête solidement attachée aux épaules et se garde bien de tirer la couverture pour lui : « Cele est dû à notre bonne entente. On est tous de vrais potes, on se voit en dehors du foot. »

Une modestie et un altruisme qu’il doit probablement à la double vie qu’il mène depuis deux ans. Car à côté du foot, l’homme n’en oublie pas les études : « La semaine, je suis étudiant à Metz en 2e année de licence en mathématiques et économie. J’y ai une chambre avec mes deux potes Adel Guendez et Farouk Slimani. Tous les mercredis et vendredis, on fait le trajet jusqu’à Sarreguemines pour s’entraîner. » S’il accumule les longueurs de terrain, le défenseur n’en oublie pas de vivre avec son âge et ses envies. Et la vie étudiante lui sied aussi bien : « J’aime bien m’amuser, je ne me prends pas la tête. On a souvent tendance à dire que je suis nerveux sur le terrain, alors qu’en fait j’adore rigoler en dehors (rires) » , concède-t-il.

Une fidélité à toute épreuve

En CFA2, Metin se frottera à un niveau supérieur de celui qu’il côtoie depuis l’âge de 17 ans. Une expérience qu’il n’appréhende pas : « C’est un beau challenge ! En CFA2, il faudra qu’on assure pour ne pas redescendre tout de suite. Mais je ne m’en fais pas : sur le terrain, nous sommes onze contre onze, et nous avons de la qualité aussi. » Des qualités qu’il a lui-même acquises aux côtés de certaines personnalités qui ont marqué son parcours.

Au club depuis l’âge de 10 ans, Metin Karayer a gravi les échelons un par un jusqu’à être surclassé lorsqu’il avait 17 ans. « Patrick Pierret, qui s’occupe des équipes de jeunes, m’a beaucoup apporté. Au niveau humain, mais surtout au niveau sportif. Je lui dois pas mal de choses » , note le jeune homme. Plein d’ambition, il nourrit le rêve d’aller titiller le très haut niveau : « Si plus tard des opportunités se présentent, pourquoi pas ? »

Avant cela, il aura l’occasion samedi de connaître, à 20 ans, les joies d’une accession en CFA2. Une simple ligne dans le palmarès d’une équipe. Mais une ligne qui marque l’histoire d’un homme.

Commentaires

PAROLES DE COACH

« La qualification à Forbach est la seule chose à retenir de ce week-end. Nous aurions préféré proposer plus de spectacle, j’aurais préféré voir mon équipe prendre plus de risques dans le jeu, mais la Coupe de France est une compétition qui prend de plus en plus d’importance et toutes les équipes jouent avec la peur de se faire éliminer.

Jouer c’est bien, gagner c’est mieux! Souvenons-nous de l’élimination face à Biesheim l’an dernier au 6ème tour où nous avions été éliminés par une équipe qui n’était pas venu faire le spectacle. Ils nous avaient laissé le ballon et s’étaient contentés de nous contrer pour nous éliminer. Donc j’avoue que je me satisfais de cette qualification, fut-elle peu spectaculaire.

Après j’ai apprécié voir mon équipe solide défensivement puisque c’est ce sur quoi j’ai travaillé toute la semaine avec mon équipe pour préparer la suite de la saison. Il faut donc savourer le fait d’atteindre ce 6ème tour pour la 5ème année consécutive!

Quand je vois 29 équipes de National 3 éliminées encore ce week-end (dont une bonne dizaine par des équipes hiérarchiquement inférieures), je me dis qu’il ne faut pas faire la fine bouche et apprécier la qualification. De nombreuses équipes de notre groupe aimeraient être à notre place. Maintenant place à 3 rencontres difficiles face à trois réserves professionnelles! »

Sébastien MEYER; coach SFC