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Régional 1 : le FC Tremery tient son nouvel entraineur

14 juin 2018 - 10:17

ouer avec Djibril Cissé en équipe de France jeunes, affronter Emmanuel Petit et Chelsea, évoluer devant 80 000 personnes au Millenium Stadium de Cardiff… La carrière d’Éric Skora a de quoi faire rêver.

Pourtant, elle devient un vrai cauchemar un soir de Coupe d’Angleterre en décembre 2004. Le jeune milieu de Preston (D2 anglaise) s’écroule, touché au genou après un tacle en retard. Verdict ? « Huit mois sans jouer. Je m’étais fait la totale : fracture de la rotule, ligaments et ménisque abîmés. »

Formé à l’AS Nancy Lorraine, le Messin tentera bien de revenir à Walsall (D3 anglaise) ou Kilmarnock (D1 écossaise). En vain. La douleur revient sans cesse. « C’était pénible. Je me mentais à moi-même. En 2007, après une énième opération, le docteur m’a conseillé d’arrêter car forcer sur mon genou devenait dangereux pour ma santé… »

Le choix est inéluctable. À 27 ans, Skora raccroche les crampons et se coupe définitivement du monde du ballon rond. « J’avais besoin de faire le deuil de ma carrière. Le foot occupait l’intégralité de ma vie depuis mon adolescence. »

Direction Metz, la ville de sa naissance. Auprès de sa famille et de ses amis, Skora refait sa vie. « Pendant sept ans, j’ai travaillé au Luxembourg dans un hôtel de luxe puis dans une boîte axée sur le développement international. »

Boloni, Moyes et Zidane

Le foot finit par le rattraper. En 2015, Stéphane Léoni, ancien défenseur du FC Metz et grand ami de Skora, lui propose un rôle d’adjoint au FC Trémery. « On a tout de suite été complémentaires. Lui s’occupait du travail défensif, et moi de l’animation offensive. »

Pendant trois ans, le duo fait progresser le club mosellan jusqu’à la National 3. Le FCT frôle le maintien. « On a fait une superbe première partie de saison, on a ensuite eu plus de mal après. On avait le potentiel pour faire mieux mais cette saison servira aux joueurs et au club à l’avenir. »

Léoni quitte Trémery en fin d’exercice. À 36 ans, Skora est propulsé numéro un, pour la première fois de sa carrière. « J’avais envie de prendre une équipe en main. Je me suis formé tout au long de la saison, en passant mes diplômes et en prenant la tête de l’équipe C. »

Dix ans après la fin de sa carrière, Skora a appris de chacun de ses entraîneurs. De Nancy, il retiendra « le côté militaire mais attachant de Laszlo Bölöni ». De Preston, il restera marqué par David Moyes (illustre coach d’Everton) et Craig Brown (sélectionneur écossais durant le Mondial 1998). « Ils m’ont fait comprendre l’importance de créer une symbiose entre les joueurs, de tout l’aspect humain du métier. Et je pense que c’est aussi important que la tactique. Il n’y a qu’à voir la réussite de Zidane ! »

Sa blessure, enfin, lui permet de motiver ses joueurs : « Il faut qu’ils profitent de chaque instant. Ils ne savent pas la chance qu’ils ont. Si on pouvait me donner leur genou, je courrais jusqu’à la tombée de la nuit ! » Sa jeune carrière d’entraîneur a de beaux jours devant elle.

L'interview

Comment s’est déroulée votre nomination à la tête du FC Trémery ?

« Je n’étais pas censé reprendre l’équipe première. Le départ de Stéph’ ( Léoni ) a été une surprise pour tout le monde. Mais le président de Trémery m’a dit qu’il voulait que je reprenne l’équipe. Et je me suis laissé séduire car je suis très attaché au FCT. »

Qu’est-ce qui vous plaît tant à Trémery ?

« C’est le club idéal pour moi, et à tous les niveaux. Déjà, géographiquement, le stade est à deux minutes de ma maison, et ma famille est la priorité de ma vie. Et humainement, les valeurs du club comme la convivialité et l’abnégation dans le travail correspondent à mon éducation. »

Comment conserver ces valeurs ?

« Aucun joueur n’est rémunéré. Je ne veux pas qu’ils soient attirés par une opération financière. On en a même refusé certains pour cette raison. Les joueurs doivent d’abord penser au collectif. »

Quel est l’objectif de la saison prochaine en R1 ?

« Gagner des matchs, bien sûr. Mais faire progresser les joueurs, les amener au plus haut niveau est quelque chose qui me satisfait aussi. Nous essayons d’être un club passerelle vers le plus haut niveau. »

Et en termes de classement ?

« Le maintien. Même si on vient d’une division supérieure, on reste un petit club, avec peu de moyens par rapport à des équipes comme l’APM Metz ou Forbach. Sans parler de la réserve du FC Metz qui fera parfois jouer ses pros ! »

Source : Le Républicain Lorrain
Crédit photo : Page Officielle Facebook du FC Tremery

Commentaires

PAROLES DE COACH

« La qualification à Forbach est la seule chose à retenir de ce week-end. Nous aurions préféré proposer plus de spectacle, j’aurais préféré voir mon équipe prendre plus de risques dans le jeu, mais la Coupe de France est une compétition qui prend de plus en plus d’importance et toutes les équipes jouent avec la peur de se faire éliminer.

Jouer c’est bien, gagner c’est mieux! Souvenons-nous de l’élimination face à Biesheim l’an dernier au 6ème tour où nous avions été éliminés par une équipe qui n’était pas venu faire le spectacle. Ils nous avaient laissé le ballon et s’étaient contentés de nous contrer pour nous éliminer. Donc j’avoue que je me satisfais de cette qualification, fut-elle peu spectaculaire.

Après j’ai apprécié voir mon équipe solide défensivement puisque c’est ce sur quoi j’ai travaillé toute la semaine avec mon équipe pour préparer la suite de la saison. Il faut donc savourer le fait d’atteindre ce 6ème tour pour la 5ème année consécutive!

Quand je vois 29 équipes de National 3 éliminées encore ce week-end (dont une bonne dizaine par des équipes hiérarchiquement inférieures), je me dis qu’il ne faut pas faire la fine bouche et apprécier la qualification. De nombreuses équipes de notre groupe aimeraient être à notre place. Maintenant place à 3 rencontres difficiles face à trois réserves professionnelles! »

Sébastien MEYER; coach SFC