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Coupe de France : un trophée entre bonus et rêve

19 septembre 2018 - 11:15

La Coupe de France fait partie de ces compétitions qui font rêver des joueurs comme ceux de Sarreguemines, habitués des jolis parcours. Leur entraîneur a aussi envie d’exploits mais rappelle la priorité : le championnat.

Ogre au niveau local, le Sarreguemines FC compte parmi les Petits Poucet de la Coupe de France. Un de ces clubs amateurs qui, chaque année ou presque, fait parler de lui dans cette compétition où, sur le papier, la rencontre avec un ténor de la Ligue 1 est possible.

La saison passée, la messe était certes dite au 6e  tour avec une sortie de piste et de Coupe face à Bischheim, mais qui a oublié les précédentes éditions ? Les seizièmes face à Niort l’année d’avant, le même niveau atteint face à Granville un an plus tôt et Auxerre au huitième tour en 2014-2015 ? Qui a oublié que le SFC fut le bourreau de quatre équipes de Ligue 2 ?

Comment les joueurs eux-mêmes pourraient-ils ne pas y penser ? Eh bien, ils ne peuvent pas. Et gérer le fantasme de la Vieille Dame est un rôle qui incombe à l’entraîneur, Sébastien Meyer : « La Coupe de France, c’est la cerise sur le gâteau. C’est sûr, on a envie de faire des exploits. Mais on va dire que c’est la compétition des joueurs, tandis que celle du club sera le championnat. Car c’est de ces titres-là dont on se souvient, pas des différentes Coupes. »

Sorte de deal : lui travaille sérieusement sur la vidéo pour préparer ces événements, en retour de quoi l’équipe fanion s’engage à rester mobilisée à chaque match de championnat.

Et la chose n’est pas toujours aisée, comme le rappelle le président Christophe Marie : « Une Coupe impacte indirectement un championnat : avant un très grand rendez-vous, les joueurs lèvent un peu le pied pour ne pas se prendre de carton jaune voire rouge. »

Gérer l’avant et l’après

Impact aussi lors de la redescente émotionnelle : « On avait très mal géré l’après-Auxerre. C’est peut-être pour ça qu’on a raté de peu la montée en CFA », se souvient Sébastien Meyer. Idem après que Granville les avait sortis de la Coupe de France : « Le match suivant, c’était Haguenau, en championnat. Passer de 4 000 à 50 spectateurs, avec tout l’influx qui avait été usé, ce n’était pas facile ! »

Cette saison, Sarreguemines a entamé son petit bonhomme de chemin, même si dimanche, les Faïenciers ont dû attendre les prolongations pour se défaire de Achen-Etting (1-4). « Il n’y a pas de petites équipes : les adversaires qui évoluent dans des divisions en dessous de la nôtre se transcendent comme nous le faisons face à une équipe de Ligue 2 », analyse le président Marie.

Si l’entraîneur met le championnat en priorité, il souligne cependant qu’« aller jusqu’au 6e  tour devrait être pour nous un minimum ». Ça tombe bien, c’est justement « à ce stade que l’on commence à faire des plans sur la comète », ajoute-il, évidemment conscient du rêve que représente une éventuelle épopée dans cette compétition unique, la seule où petits et grands peuvent se croiser.

Au-delà de l’émotion, d’autres avantages

Tout « secondaires » que soient les rendez-vous de la Coupe de France dans la vie d’une équipe qui doit se consacrer à son championnat, le président du Sarreguemines FC n’en diminue pas pour autant les avantages.

« Financièrement, dès les 32es  de finale, elle est richement dotée, pour des petits clubs amateurs. On a ainsi réussi à passer de plus de 50 000 € de fonds propres négatifs à un solde positif en deux ans. On s’est aussi acheté une camionnette pour les déplacements. » La dotation de la FFF, les entrées au stade et les recettes de la buvette ne sont pas les seules vertus. « Les retombées médiatiques restent importantes, notamment pour les sponsors, qui savent qu’à partir des 32e de finale, ils auront une visibilité nationale. »

Christophe Marie pense aussi à l’image de la Ville : « Si ça donne envie aux gens de venir découvrir le secteur, c’est un bon retour d’ascenseur pour la Ville qui fait des efforts. »

Source : Le Républicain Lorrain

Commentaires

PAROLES DE COACH

« La qualification à Forbach est la seule chose à retenir de ce week-end. Nous aurions préféré proposer plus de spectacle, j’aurais préféré voir mon équipe prendre plus de risques dans le jeu, mais la Coupe de France est une compétition qui prend de plus en plus d’importance et toutes les équipes jouent avec la peur de se faire éliminer.

Jouer c’est bien, gagner c’est mieux! Souvenons-nous de l’élimination face à Biesheim l’an dernier au 6ème tour où nous avions été éliminés par une équipe qui n’était pas venu faire le spectacle. Ils nous avaient laissé le ballon et s’étaient contentés de nous contrer pour nous éliminer. Donc j’avoue que je me satisfais de cette qualification, fut-elle peu spectaculaire.

Après j’ai apprécié voir mon équipe solide défensivement puisque c’est ce sur quoi j’ai travaillé toute la semaine avec mon équipe pour préparer la suite de la saison. Il faut donc savourer le fait d’atteindre ce 6ème tour pour la 5ème année consécutive!

Quand je vois 29 équipes de National 3 éliminées encore ce week-end (dont une bonne dizaine par des équipes hiérarchiquement inférieures), je me dis qu’il ne faut pas faire la fine bouche et apprécier la qualification. De nombreuses équipes de notre groupe aimeraient être à notre place. Maintenant place à 3 rencontres difficiles face à trois réserves professionnelles! »

Sébastien MEYER; coach SFC